Rémy Cointreau est un producteur de spiritueux bien sûr connu pour ses nombreuses marques telles que les cognacs Rémy Martin et Louis XIII, le brandy St-Rémy, la liqueur Cointreau, le spiritueux grec Metaxa, le rhum Mount Gay, le gin The Botanist, et plusieurs whiskies single malt tels que Bruichladdich, Port Charlotte et Octomore. Si l'entreprise peut faire remonter ses origines jusqu'au XVIIIème siècle, la modernité s'impose dans un secteur extrêmement concurrentiel à l'échelle mondiale. Le développement récent de la vente directe s'appuie sur Shopify+ et la gestion des données clients est réalisée dans Salesforce. Cependant, la préservation et la gestion des données gérées dans le SaaS Salesforce ont nécessité le recours à une solution tierce d'origine française, Odaseva.

En tant que SaaS, Salesforce garantit évidemment sa propre continuité d'activité. Cela implique que la destruction d'un datacenter du fournisseur n'aurait pas de conséquence pour ses clients. Par contre, il ne s'engage aucunement sur la continuité d'activité de ses clients et la nuance a son importance. Par exemple, si un client détruit, altère ou corrompt par inadvertance des données ou s'il est victime d'une attaque par ransomware, Salesforce n'a pas d'engagement de restauration des dites données. En plus des accès aux données via API, Salesforce, bien sûr, propose des solutions d'export et, depuis peu, de sauvegarde-restauration. Mais ces fonctions sont entre les mains des utilisateurs qui doivent penser à les utiliser. Ces fonctionnalités ne suffisaient de toutes façons pas à Rémy Cointreau pour maîtriser ses données et garantir la préservation de son capital data.

Créer la distribution directe

L'essentiel de la production du groupe Rémy Cointreau dans le monde est distribué de manière indirecte. Parfois, dans certains pays, une telle distribution indirecte est d'ailleurs une obligation légale plus ou moins absolue. Chaque marque est globalement indépendante dans sa gestion commerciale, y compris d'un point de vue informatique. Il existe presque autant de systèmes de gestion des relations commerciales que de couples marques-pays. S'il existait un peu de distribution directe B2B, une entité Rémy Cointreau France Distribution a été créée il y a un an en visant une distribution directe B2B (hôtels, cavistes, restaurants...).

Pour l'heure, l'initiative concerne Louis XIII, Westland, Domaine de Haute-Glace, Belle de Brillet et le Champagne Telmont. Chaque couple marque-pays possède une boutique sur le SaaS Shopify avec un core-model groupe. « En Europe, il n'existe pas de site cross-marque même si des tests sont envisagés à ce sujet en B2C en Asie et en B2B en Europe » spécifie Pasqual Ortuño Núñez, Group IT Digital Manager chez Rémy Cointreau. Le CRM, la relation client et le marketing automation sont gérés sous Salesforce. Il y a en principe une instance Salesforce par marque mais, pour l'initiation, il y a une instance commune dont les données doivent être extraites lorsque la marque concernée est suffisamment mature pour avoir sa propre instance. De la même façon, Salesforce est utilisé à d'autres fins dans le groupe : la gestion commerciale B2B au Royaume-Uni, le portail RemySphere de relation avec les viticulteurs (en mode SRM)...

Protéger les données dans le SaaS Salesforce

Pour maîtriser les données dans les différentes instances Salesforce de Rémy Cointreau, l'entreprise a recours à Odaseva depuis début 2020, à un moment où Salesforce ne proposait pas de solution de récupération. Pasqual Ortuño Núñez indique : « nous utilisons Odaseva principalement pour la sauvegarde et la restauration des données, pour pouvoir réagir à un désastre, une perte de données. Trop d'entreprises croient que, dès lors que c'est dans le cloud, la continuité est garantie par le prestataire. Or si Salesforce protège ses datacenters, il ne protège pas les données de chaque client contre une destruction volontaire (criminelle), par négligence ou accidentelle. »

« A chaque fois que nous prenons un service SaaS, nous posons la question explicitement des sauvegardes, des modalités de celles-ci (quand ? Où ? Comment?) » insiste Pasqual Ortuño Núñez. Dans de nombreux pays, il existe, en la matière, des règles précises voire spécifiques de conformité juridique. Créée en 2012 par un ancien architecte Salesforce, Odaseva se base sur une solution elle-même SaaS qui s'interface par API avec Salesforce. Ce prestataire fournit également un service d'accompagnement de ses clients pour les amener à maîtriser leur patrimoine data dans le cloud.

Copier, sécuriser et au-delà

Grâce à Odaseva, les données de Salesforce sont copiées sur un système indépendant du prestataire sur des hébergements eux-mêmes dans le cloud (AWS, Azure, Alicloud...) dans des points de présence choisis par le client. Mais le prestataire ne dispose jamais de la possibilité de lire les données : elles sont chiffrées à l'entrée avec une clé propre à l'entreprise utilisatrice, ici Rémy Cointreau. Pour répliquer partiellement les données, par exemple quand une marque passe de l'instance commune à une instance de marque, Rémy Cointreau utilise également Odaseva. Les données sont alors déchiffrées par le groupe, avec sa propre clé, et les extractions pertinentes sont alors réalisées. Bien entendu, Odaseva respecte les restrictions d'accès selon les profils d'utilisateurs, ne serait-ce que pour des obligations réglementaires.

Le modèle économique de la prestation est au volume de data. La solution propose également des outils pour, par exemple, anonymiser les données ou répliquer les datas entre environnements cloud, la donnée étant ainsi extraite une seule fois de Salesforce pour la réinjecter autant de fois que nécessaire dans autant de systèmes que nécessaire.