Groupama est un véritable poids lourd du secteur de l’assurance en France. Fort de 32 000 employés (dont 6 000 à l’international), ce groupe comptant 12,5 millions de clients sociétaires a réalisé sur l’année écoulée un chiffre d’affaires de 20 Md€. Véritable cœur du réacteur de la société, G2S est un GIE interne qui s’occupe des SI de toutes ses entités (dont GAN), des achats et de l’exploitation des immeubles. Il se compose de 1 400 personnes - une centaine de recrutements sont prévus dans les prochains mois - et se structure, pour la partie IT, autour de quatre pôles : sécurité, outils pour les utilisateurs finaux, études, et exploitation technique. Avec, au sein de ce dernier pôle, une équipe d’une dizaine de personnes en charge de la sauvegarde et du stockage. « Mon équipe reste à l’état de l’art sur les différentes technologies de stockage », assure Manuel Paviotti, responsable IT stockage et sauvegarde chez Groupama G2S, qui a témoigné lors d’un point presse organisé par Scality ce mardi. Les compétences de cette task force sont variées, et vont de la sauvegarde au stockage fichier, bloc et objet. « Notre défi est de réussir à évangéliser et adresser les bonnes technologies pour quels usages métiers, et d'orienter sur le support adéquat en termes de performance, de prix et aussi d’impact énergétique. »
Depuis l’émergence du stockage objet en 2010, Groupama a regardé de près ce qui se faisait sur le marché dans ce domaine et a fait le choix de se tourner depuis 2019 vers l’éditeur français Scality et sa solution Ring. Avec environ 1 Po de données, près de 1,2 milliard d’objets répartis entre trois applications critiques - la GED qui contient tous les contrats clients, la gestion des archivages santé légaux, et le registry Openshift - cette offre devait répondre à des exigences de haute disponibilité. Un contrat rempli de ce point de vue là, au point que le groupe étend son usage sur une partie de son cloud interne pour l’exposer en libre-service à d’autres entités de Groupama. « Globalement la solution répond clairement technologiquement à nos besoins, elle est souple, scalable, et performante pour les cas d’usage d’aujourd’hui », se félicite Manuel Paviotti. Et ce, quand bien même aucun développement IA tournant sur Scality n’est prévu. « Elle est surtout hautement résiliente et, ce que j’apprécie, outre le fait d’être française et reconnue à l’international, elle est extrêmement compétitive en matière de prix. Scality a aussi le sens de l’écoute dans les bons et les mauvais moments. » Et de ces mauvais moments, il y en a eu : « Un des points douloureux sur le MCO [maintien en conditions opérationnelles] de Ring est que pour ajouter des disques, de la RAM et monter de version, il fallait être expert et les procédures étaient longues, compliquées et douloureuses à suivre pour, nos équipes », raconte le responsable IT sauvegarde et stockage de Groupama.
Pénurie de mémoire et rupture de stock des serveurs guettent
Mais la situation semble évoluer dans le bon sens, surtout avec le projet d’évolution vers la dernière plateforme de data management ADI de Scality fraichement annoncée. « J’ai l’impression que nos doléances ont été prises en compte et je pense que cela va peut être répondre à cette problématique de maintien en conditions opérationnelles », espère Manuel Paviotti qui attend beaucoup en matière d’autonomie sur l’administration quotidienne de Ring. « Guardian [agent IA] et Scality OS nous intéressent aussi beaucoup pour faciliter la vie du MCO de la plateforme, ainsi que la partie prompting qui permettra d’être plus à l’aise qu’avec le serveur en ligne de commandes » poursuit le responsable. « Les équipes sécurité n'auront plus besoin de solliciter notre équipe et cela fera gagner du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. »
Si Groupama vise un déploiement d’ADI en septembre prochain, des facteurs externes jouent les trouble-fête. « Je ne maitrise pas le risque de ne pas avoir les serveurs avec les bonnes configurations dans les temps [notamment à cause de la pénurie sur le marché de la mémoire], pas plus que les délais pour l'achat de machines, car on nous annonce des ruptures de stock », prévient Manuel Paviotti. Pour bien comprendre la situation, il faut savoir que pour ses projets avec Scality, Groupama payait jusqu’à présent environ 70 000 € pour 5 ans pour 1 Po brut, un tarif qui a grimpé de 30 % depuis, à 100 000€. À cela s’ajoute le coût du logiciel de Scality (30-40 % de la facture globale), faisant ressortir un coût du To utile à 7€ par mois. « L’écart s'agrandit entre le prix du stockage objet et du stockage bloc de l’ordre de 1 à 10, mais il explose si on le compare avec celui de la flash, de l’ordre de 1 à 15 voire 1 à 20, alors que le stockage objet n’a pris que 20-25 % », explique Alexis Wedrychowski, vice-président des ventes pour la France de Scality. D’oû l’intérêt pour les entreprises aujourd’hui de panacher leurs ressources de stockage (disques durs, bande...) pour éviter une explosion des coûts à cause de l’envolée des prix de la flash.

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