Si nous revenons au projet de l’entrepreneur allemand Robert Heide dans la création de son site avec des technologies souveraines, le dirigeant admet quelques difficultés, notamment le fait de quitter l’environnement GitHub, propriété de Microsoft. « Si vous êtes un adepte de l'écosystème GitHub (actions, issues, workflows de revue de code, réseau social…), le quitter, c'est comme partir d’une ville où l'on a vécu pendant dix ans. On connaît tout par cœur », avait témoigné le dirigeant. Il ne faut pas oublier qu’une plateforme comme GitHub bénéficie d'un effet réseau, dont il est donc très difficile de se passer. Des alternatives existent bel et bien comme Bitbucket, GitLab, Framagit, Gitea, etc., mais, là aussi, de nombreux utilisateurs reconnaissent que GitHub est en avance sur de nombreux projets, sur le design aussi, sur la simplicité ainsi que sur de nombreuses fonctionnalités. Par exemple, pour Robert Heide, si Gitea est excellent, il a dû reconstruire les pipelines CI/CD ; quant aux intégrations considérées comme acquises, elles n'existent plus.
Des plateformes Apple et Google difficilement évitables
L’entrepreneur a aussi constaté que certaines technologies américaines sont incontournables et n’ont pas d’équivalences en Europe. C’est le cas de Google Ads pour acquérir des clients ou du programme développeur d’Apple pour distribuer une application mobile. « Si vous souhaitez acquérir des utilisateurs et distribuer une application mobile, vous devez payer le prix fort à Mountain View et Cupertino. Il n'existe pas d'alternative européenne à l'App Store ou au Play Store. C'est le prix à payer pour faire des affaires », précise-t-il. Ces deux sociétés sont également une porte d’entrée pour les réseaux sociaux indispensables pour avoir de la visibilité.
Enfin, l’usage de l’IA est clairement dominé par des acteurs américains comme OpenAI, Google et Anthropic. « L'écosystème d'IA de l'UE se développe, mais pour les modèles de pointe, les options sont principalement américaines. Vous pouvez exécuter des modèles à pondération ouverte chez des fournisseurs d'inférence européens, mais si vous voulez Claude, vous devez faire un appel API transatlantique », précise Robert Heide qui voulait absolument Claude. Un dernier point que partage aussi Sébastien Lesimple : « Sur ce volet IA, les LLM propriétaires sont beaucoup plus performants que ceux en open source et vous bénéficiez aussi de toute cette partie ressources de calcul. Nous avons Mistral en France, même si son capital est très dilué. »

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