L’ERP autonome, on s’y approche surtout, demain avec la multiplication des agents MCP. « Si techniquement, c’est déjà possible, ce n’est pas la volonté de Sage. Nos clients recherchent d’abord une solution qui les fiabilise et les sécurise, et surtout pas une IA qui va faire à leur place. Nous privilégions l’authentic intelligence, une ligne qui va guider l’entreprise en travaillant pour l’humain avec des interactions concrètes », explique Mickael Mina, responsable IA chez Sage. En effet, une IA peut calculer la remise optimale pour un client en fonction de sa fidélité, mais elle ne peut pas faire preuve d’empathie en ressentant par exemple qu’un partenaire de longue date traverse une phase difficile et qu'un coup de fil de soutien fera plus pour la relation qu'un algorithme de tarification. De même, un ERP intelligent peut automatiser une décision, mais il ne peut pas en porter la responsabilité morale ou légale. Dans ce contexte, Vianney Donadoni de Cegid préfère parler d’ERP augmenté où l’intelligence prend en charge la couche transactionnelle et peut aussi simuler des scénarios. Un point de vue partagé par Cédric Sime de SAP France, qui admet que ce n’est pas la première fois que l’ERP doit s’adapter : « Sans parler de totale autonomie, l’idée est d’apporter plus de valeur, d’avoir une série d’agents sur des processus métiers capables de communiquer et de résoudre des problèmes, par exemple sur les taxes douanières où l’on pourra suivre les impacts. »

L’ERP augmenté est déjà là…

Prenons un exemple : une pénurie de composants mémoire stoppe les livraisons pour 3 mois de tous les équipements concernés. Dans un ERP traditionnel, le responsable logistique reçoit un e-mail et ouvre une multitude d’applications pour comprendre quels produits finis dépendent de ces composants. Dans un ERP augmenté idéal, l’IA surveille les flux d'actualités mondiaux et les signaux IoT, lève une alerte rouge, scanne la nomenclature de tous les produits et identifie le pourcentage exact du chiffre d'affaires menacé. Pour Stéphanie Magniez d’Oracle France, l’ERP augmenté est déjà là ; elle reconnaît que certains processus seront entièrement automatisés avec un contrôle à minima de l’humain. La porte-parole temporise néanmoins en rappelant qu’il existe un certain décalage entre les possibilités offertes par les éditeurs et leur adoption sur le terrain dans les entreprises. Christian Dhinaut (Divalto) prône plutôt le concept d’utilisateurs augmentés : « L’apport de l’IA va déjà aider l’utilisateur à comprendre ce qui s’affiche à l’écran, le premier bénéfice se jouera donc sur une adoption plus rapide de l’ERP, réduisant ainsi les longues formations nécessaires. »