Entretien

Djamel Zouaoui

imprimer cet article envoyer à un ami recevoir les newsletters contacter la rédaction s'abonner au flux rss partager

Djamel Zouaoui

Architecte senior Octo Technology


par Olivier Rafal

(26/03/2009) - Vous allez animer la session "Du RIA pour mon SI : Microsoft Silverlight VS Adobe Flex" lors de la prochaine Université du SI d'Octo Technology (les 1er et 2 juillet prochains à Paris, en partenariat avec LeMondeInformatique.fr), en duo avec David Alia, manager médias. Quel est le but de votre intervention ?
Ces dernières années, on a vu émerger des besoins d'utilisateurs de plus en plus exigeants face aux applications Web, et les DSI essaient de répondre, soit avec des développeurs se comportant un peu en pistoleros, soit en tentant de rationaliser avec des frameworks pas forcément adaptés, comme GWT. Face à cela, Adobe et Microsoft proposent des RIA [Applications Internet riches] avec un niveau de maturité assez exceptionnel, permettant des choses riches et variées.

Il n'y a pourtant pas que Silverlight et Flex dans les RIA...
Non. C'est vrai qu'on a fait le choix d'un titre un peu polémiste, mais Adobe et Microsoft proposent des choses extrêmement bien normées et maîtrisées, orientées développement d'applications de gestion. Donc plutôt que de rester dans la simple notion, nous voulons mettre en avant les deux solutions.

Et qui sortira vainqueur du duel ?
Il n'yen a pas un meilleur que l'autre ; l'important, pour choisir, ce sont les cas d'usage. Si vous avez déjà un environnement Microsoft, avec un patrimoine riche, Silverlight permet beaucoup plus de choses, car c'est basé sur C#. Vous ferez le choix d'Adobe plutôt si vous cherchez quelque chose de multiplateforme, pour un développement plus tourné vers le Web que vers l'entreprise.

Les RIA sont-elles vraiment une priorité, alors que les budgets des DSI sont en train de rétrécir ?
Je pense que oui. Il faut voir ce qu'il y a derrière l'interface 'hype'. La grande vague du passage des applications lourdes aux applications Web s'est faite plus ou moins dans la douleur. Les développeurs n'étaient pas forcément préparés, outillés, et les utilisateurs pas nécessairement formés. L'idée avec les RIA, ce n'est pas forcément les fioritures ; il faut y voir une technologie qui permet de bénéficier des avantages de la plateforme Web sans le surcoût - en termes de problématiques technologiques - qu'engendrent Ajax et les autres frameworks. Alors que l'internétisation des applications a entraîné une baisse de la productivité des développeurs et de la robustesse des applications, les RIA, de par leur mode de développement, se rapprochent du paradigme de développement d'un client lourd. Les RIA sont donc un plus en termes d'expérience utilisateur, mais aussi en productivité des développements.

Adobe drague les développeurs, Microsoft drague les designers, et au final, les entreprises risquent d'avoir un problème à trouver les compétences nécessaires pour mettre en oeuvre des RIA ?
En fait je pense, a contrario de Microsoft, que la première population visée par ce genre de technologies, ce sont les développeurs. Lorsque j'étais développeur, le développement Web m'occasionnait de grosses douleurs... C'est là où les RIA vont tout changer, les développeurs vont se retrouver avec de nouveaux paradigmes. Silverlight va directement bénéficier aux développeurs ; de même, Flex apporte beaucoup aux développeurs en environnement Java.

Les entreprises risquent tout de même d'avoir besoin de conseils en ergonomie...
Oui, il n'y a pas encore sur le marché français cette notion de tirer profit des avantages des RIA, donc il y aura probablement besoin de missions de conseil. Octo est d'ailleurs bien placé, puisque nous venons d'ouvrir un département ergonomie. Mais ce n'est pas tant sur les RIA que nous sommes attendus que sur des applications dont il faut absolument fluidifier l'utilisation, afin d'augmenter la productivité des utilisateurs.

Les projets RIA sont-ils en train de décoller ?
Cela reste plutôt un sujet R&D, même si on commence à voir certaines choses en Flex : objectivement, le côté restitution dans Java n'était pas très bien outillé. Il y a aussi pas mal de projets où nous accompagnons les clients sur la refonte de leurs applications. Les consultants Octo poussent en tout cas Flex et Silverlight, et des projets voient le jour, notamment en banque/finance, à la fois pour le Web grand public et pour le système d'information interne. Des choses existaient déjà en Flash, pour gérer la sécurité par exemple. Avec Flex, cela devient plus robuste, on commence à industrialiser les choses. Je ne dis pas qu'on n'aurait pas pu le faire avec d'autres technologies, mais cela aurait coûté plus cher, et pour une performance moindre. De même, sur le pôle .Net, on n'hésite pas à pousser Silverlight, et pas seulement en B2C.

Le fait de devoir déployer le client Silverlight sur l'ensemble des postes ne pose-t-il pas un problème ?
Effectivement, il faut installer un add-on, mais cette problématique existait déjà avec le framework .Net, et en environnement Microsoft, on peut pousser les mises à jour via le réseau. En outre, il est possible que Silverlight soit, à l'avenir, automatiquement installé via les mises à jour Microsoft.

D'autres intervenants de l'USI vont parler de GWT, le framework de Google qui permet à des développeurs Java de réaliser des interfaces Web avec du Javascript. Mais pour vous, ce n'est vraiment pas la solution ?
GWT et les frameworks qui gravitent autour m'ont laissé un goût un peu amer. Certains ont un problème de maturité, d'autres un problème de financement. En tant que consultant, j'aurais du mal à conseiller l'utilisation de frameworks alors que je ne sais pas où ils vont. Tant qu'il n'y aura pas une certaine maturité, qu'ils ne seront pas soutenus par un éditeur (quel que soit le modèle économique, Open Source ou commercial), cela reste difficile de les préconiser à un client, qui a envie de rationaliser, quand il investit. Je dirais donc que GWT a apporté une certaine richesse, mais que l'étape suivante, c'est Flex ou Silverlight, et du code 100% managé.

Quant à JavaFX, de Sun, vous n'en parlez pas ; c'est encore trop jeune ?
C'est mal parti. Sun est extrêmement en retard sur ses concurrents. A court terme, ce n'est vraiment pas quelque chose qu'on pourra préconiser.

Enfin, Adobe comme Microsoft mettent l'accent sur les capacités de diffusion de vidéos de leurs RIA. Pour vous, est-ce important, ou bien est-ce la cerise sur le gâteau ?
Clairement la cerise sur le gâteau. On s'intéresse davantage aux applications de gestion classiques, où la vidéo reste quelque chose d'anecdotique par rapport aux nouveaux standards de développement que ces RIA apportent. C'est la même chose pour DeepZoom [technologie de SIlverlight permettant d'imbriquer des photos dans d'autres photos, avec un effet de zoom, NDLR], une technologie qui a été sur-représentée par Microsoft. A mon sens, les gens de Microsoft feraient mieux d'aller draguer ceux qui refondent leurs applications de gestion.







CONFERENCES
13/04/2010
LA REVOLUTION SUR LE POSTE DE TRAVAIL
De 8h30 - 14h00 à l'Automobile Club de France - Paris 8e
PARTNER ZONE
LIVRES BLANCS
Les principes de la virtualisation du stockage 20 mars 2010 - 3PAR
Les principes de la virtualisation du stockage
Peter Williamson, de Bloor Research, explique les principes de la virtualisation du stockage et met en garde contre les principaux pièges à éviter. Dans (...)