Spécialisé dans le stockage objet, Scality est partenaire depuis une dizaine d’années de la société américaine Weka, positionnée dans le stockage hautes performances de données non structurées en local et dans le cloud. Leur collaboration se poursuit avec l’intégration dans l'offre Ring du français du système de fichiers parallèle et distribué NeuralMesh annoncé en juin dernier, qui vient concurrencer DDN/Lustre et Hamerspace. Ses capacités de faibles temps de latence sur systèmes x86 flash et disques durs pour des besoins HPC, IA/ML l’ont manifestement séduit.

« Weka a la technologie qui donne le plus de performance pour les GPU au monde, en concurrence de DDN et Vast », nous a expliqué Jérôme Lecat, PDG de Scality. « Cette intégration se fait en HTTP Rest sans être confronté à toute la verbosité de l’API S3 ce qui permet une interaction incroyablement rapide et déployer des systèmes IA à la fois extrêmement performants et beaucoup plus efficients ». Parmi ses développements, Scality indique aussi avoir travaillé sur le projet open source de Nvidia cuObject (GPUDirect Storage for Objects), une suite de bibliothèques hautes performances conçue pour permettre des transferts de données directs entre la mémoire GPU ou la mémoire système et un stockage objet compatible S3 à l'aide de RDMA. L'offre combinant Ring et NeuralMesh vise les spécialistes de l'IA, ayant des fermes de plusieurs centaines de GPU. A ce jour une quinzaine de clients recourent au couple de solutions Scality Ring/Weka NeuralMesh, comme la biotech américaine Vertex spécialisée dans la simulation moléculaire 3D pour créer des molécules, ou encore le département santé de l’Université du Connecticut. A noter qu'à ce jour il n'est pas prévu de coupler NeuralMesh à Artesca, la plateforme secondaire de stockage objet compatible S3 de Scality. « Dun point de vue technologique cela fonctionne, mais nous ne le recommandons pas car nous n'avons pas rencontré de cas d'usage qui font sens autrement que pour des projets datacenters et large capacité comme avec Ring », précise Jérôme Lecat.

Une croissance au beau fixe

Profitable depuis quelques mois, Scality a réalisé, d’après le classement Top 250 Numeum 2025, 48,7 M€ de chiffre d'affaires (l’entreprise ne communique pas officiellement sur ses revenus). Sa croissance, indiquée comme étant autour de 20 %, est portée par plusieurs marchés étrangers, en particulier l'Inde et l'Asie centrale ainsi que les Emirats Arabes Unis. Et concernant l'activité aux Etats-Unis ? « La situation américaine actuelle ne remet pas en cause notre ancrage là-bas, nous avons pas mal de contrats avec l'Etat fédéral et je ne vois aucune incidence sur notre activité avec ce qui se passe aujourd'hui », explique le dirigeant. Comptant 230 employés, la société compte recruter cette année « tous azimuts » dont en France avec un effectif qui devrait passer de 15 personnes aujourd'hui (essentiellement R&D) à près de 25.

Autre annonce à signaler : une garantie de 100 000 dollars versée à tous ses clients de sa solution Artesca (à partir de la v4.1.3) en cas de hack par un ransomware. Scality n'est pas le premier à proposer ce type de garantie, c'est également le cas de Rubrik qui va même jusqu'à proposer à ses clients Enterprise Edition éligibles une garantie allant jusqu'à 10 millions de dollars. Reste à savoir si des versements seront bel et bien effectués au regard des conditions drastiques nécessaires pour les activer et s'il ne s'agit pas au final d'un argument de plus dans l'arsenal marketing des uns et des autres. Valable dès le premier octet chiffré, cette garantie nécessite en effet des pré-requis pour être versée. « Il faut que la donnée soit stockée avec notre technologie d'object lock contre l'effacement ou la modification des données, mis en œuvre par nos assistants de configurations, que le système soit à jour 30 jours au plus après la sortie d'un correctif, et disposer d'une licence d'au moins 50 To valide », fait savoir Jérôme Lecat. En outre il faudra aussi accepter que l'éditeur puisse réaliser un audit pour s'assurer que le piratage soit bien réel.