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Entretien avec Jean Bernard Schroeder : il faut s'approprier la télémédecine

Edition du 20/10/2011 Réagissez
Entretien avec Jean Bernard Schroeder : il faut s'approprier la télémédecine

Alors que le décret d'application de la télémédecine célèbre son premier anniversaire le mercredi 19 octobre, Jean-Bernard Schroeder, directeur TICS (technologies de l'information, de la communication et des services associés) & Equipements du Syndicat national de l'industrie des technologies médicales (Snitem), dresse un bilan de cette toute jeune pratique, destinée à améliorer la couverture des usagers du système de santé, en particulier ceux résidant dans des zones isolées. Selon lui, médecins et patients doivent impérativement s'approprier la télémédecine pour faciliter et accélérer son déploiement dans l'Hexagone.

Qu'est-ce que la télémédecine concrètement, et qui l'utilise aujourd'hui ?

La téléconsultation est la forme la plus connue de la télémédecine. Elle est notamment utilisée dans les maisons de retraite. Le patient doit s'installer dans une salle spécialisée, accompagné d'un professionnel de santé qui n'intervient pas pendant la consultation. De l'autre côté de l'écran, il y a un médecin généraliste ou spécialiste qui interroge le patient sur ses symptômes comme dans un cabinet médical. Il peut également examiner une plaie à distance par exemple. C'est très naturel et cela permet au patient de rester dans son environnement.

Est-ce qu'un patient lambda peut utiliser cette pratique à son domicile ?

Cela existe, mais c'est exceptionnel. On y viendra certainement avec le temps, mais il faut que le patient sache utiliser ce type de technologie. On peut l'imaginer à terme. Peut-être plus avec le télésuivi. Pour certains patients en difficulté, cela pourra être un rendez-vous à distance, en complément des consultations traditionnelles. Mais il faut d'abord que les médecins s'approprient la télémédecine.

Le décret d'application de la télémédecine célèbre son premier anniversaire. Aujourd'hui, quels sont les freins au développement de cette pratique ?

Les médecins représentent un frein au déploiement de la télémédecine, car ils sont confrontés à des problèmes d'ordre technologique, mais également de coût, d'organisation et d'infrastructure. Un accompagnement important doit être fait auprès du corps médical. Pour eux, c'est une charge de travail conséquente en supplément de leurs consultations quotidiennes. Pour le moment, ils voient plus les inconvénients de la télémédecine que ses avantages. Il y a un gros travail pédagogique à faire.

Combien de patients et de médecins utilisent aujourd'hui la télémédecine ?

Aujourd'hui, il est impossible de donner des chiffres exacts. En télécardiologie, il y a environ 10 000 patients qui profitent de cette pratique pour quelques centaines de médecins, 300 maximum. Je peux vous dire cependant que la télémédecine se décline en plusieurs activités, comme la télérespiration, télédialyse ou téléradiologie.

Avez-vous eu des retours, qu'ils soient positifs ou négatifs, de patients et de professionnels de santé ?

D'une façon générale, les patients et les professionnels de santé qui ont testé la télémédecine considèrent que c'est une pratique sécurisante. Les retours sont globalement positifs, notamment dans le domaine du diabète. La télémédecine permet aux patients atteints de diabète d'améliorer considérablement leur qualité de vie, grâce à un suivi régulier de la pathologie. Cela sert énormément pour les maladies chroniques qui sont une priorité, notamment l'insuffisance respiratoire, l'hypertension ou l'apnée du sommeil, car cette pratique offre un suivi du patient à distance et en temps réel. Je ne vois pas comment on pourra se passer de la télémédecine dans l'avenir.

Les Français ne craignent-ils pas de perdre la relation privilégiée qu'ils ont aujourd'hui avec leur médecin ?

Je ne crois pas. Cela va forcément dépendre des personnes. Il y a tout de même des consultations physiques, même si celles-ci sont plus espacées. Tout est question d'apprentissage. La télémédecine permet au médecin de surveiller plusieurs patients en continu à travers son écran. C'est de la fatigue en moins pour les professionnels de santé, et une plus grande attention pour les patients. Le bilan est forcément positif pour les deux parties.

Article de Relaxnews
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