Essilor a passé un contrat il y a trois ans avec l'Université de Créteil. La société accueille des étudiants (une quinzaine par an, soit 45 depuis le début) qui sont des « apprentis de l'enseignement ». Ils travaillent leur master en alternance entre la fac et l'entreprise. L'idée pour Essilor : utiliser ce vivier de jeunes cerveaux bouillonnant d'idées, les pousser à créer des blogs ou des wikis, les encourager à proposer des projets, leur ouvrir des portes, tout en assurant la cohérence avec l'ensemble de l'entreprise et du système d'information, et assurer l'industrialisation des processus mis en place. « Cela s'apparente un peu à de l'équilibrisme, demande un peu d'humilité de la part des DSI, souligne Didier Lambert, président du Cigref et DSI d'Essilor, mais les collaborateurs qui rejoignent notre groupe chaque année enrichissent notre culture au final. »
La valeur ajoutée n'est pas dans l'outil, mais dans l'usage
Pour Didier Lambert, l'arrivée de nouvelles technologies a longtemps été perçue - à tort - de manière négative par les DSI, mais aussi par les salariés. « Ca ne sert à rien de forcer les gens, car la valeur ajoutée de ces outils repose sur leur usage, et dépend donc de leur degré d'adoption » précise-t-il. « Aujourd'hui le message chez nous c'est : venez avec votre créativité, votre nouvelle manière de travailler, créez des prototypes. Nous avons observé les jeunes avec leurs caméscopes, pour envoyer des vidéos sur YouTube et nous avons appliqué ce principe en entreprise. Aujourd'hui fini les présentations sur papier ou PowerPoint, tout se fait par vidéos, et les jeunes nous ont aidé à franchir ce tournant », se félicite Didier Lambert.
Une veille technologique sur le Web 2.0
Essilor a également créé une équipe « BAG » (bureautique et applications génériques). La moyenne d'âge de ses membres oscille entre 25 et 27 ans. Leur rôle consiste à créer des portails, à lancer des blogs et des wikis, à faire de la veille technologique pour tout ce qui concerne le Web 2.0... « Ces jeunes réalisent un travail de veille, mais proposent également des prototypes d'application pour l'entreprise. Nous les testons, et l'essai est transformé si nous arrivons à concevoir une application qui pourra s'intégrer dans notre SI », explique Didier Lambert. Pour Loïc Méreau, 30 ans, et qui a rejoint le groupe à 23 ans : « L'équipe fonctionne bien, nous avons de grandes opportunités, le groupe est homogène, la communication est beaucoup plus directe et nous disposons d'une grande liberté pour regarder ce qui se passe sur la Toile et tenter de l'appliquer à l'entreprise. »