Le géant informatique Hewlett-Packard en appelle aux régulateurs européens afin de déterminer si Oracle profite de sa position dominante sur le marché du logiciel pour porter atteinte à une partie de l'activité hardware de HP. Cette décision est intervenue après qu'Oracle ait annoncé qu'il n'assurerait plus de développement logiciel pour les systèmes Itanium d'Intel, arguant du fait que « le fondeur avait clairement indiqué que sa puce était en fin de vie et que l'entreprise se réorientait vers son microprocesseur x86. » HP reproche à Oracle un comportement anti-commercial et accuse l'éditeur de vouloir forcer les clients de HP à acheter des serveurs de Sun Microsystems, désormais propriété d'Oracle.
Les deux entreprises ont porté l'affaire devant un tribunal californien en juin, et continuent depuis à s'affronter devant cette cour de justice. Oracle, de son côté, a accusé HP de fraude, affirmant que la seule raison pour laquelle Intel continuait à investir dans Itanium tenait au fait que HP avait passé un accord secret avec le fondeur. Robert Cooper, l'avocat de HP, a précisé que l'affaire portée devant les instances européennes était indépendante du procès en cours aux États-Unis. Cependant, Daniel Wall, l'avocat d'Oracle, a déclaré à Reuters que HP fait « littéralement la tournée de toutes les instances antitrust dans le monde pour dire qu'Oracle essaye de nuire à son activité ». On ignore pour l'instant si la Commission Européenne décidera ou non de mener une enquête sur Oracle.
Une roadmap Itanium confirmée jusqu'en 2015
Pendant ce temps, HP a fait savoir qu'elle avait mis à jour la feuille de route de ses serveurs haut de gamme Integrity. En particulier, ceux-ci pourront accueillir côte à côte des systèmes Xeon et Itanium. HP espère que cette stratégie permettra de faire taire les critiques contre l'Itanium, affirmant avoir « développé ces nouveaux systèmes pour permettre aux clients qui le souhaitent, d'utiliser, à moindres frais, leur matériel x86 en même temps que leurs serveurs Itanium, et faire fonctionner leurs applications critiques, » comme l'a déclaré Lorraine Bartlett, vice-présidente, marketing et stratégie, de l'activité Business Critical Systems de HP. « Les clients ont adopté notre infrastructure critique avec des systèmes comme Superdome 2, et nos serveurs lames Itanium évolutifs tournant sous HP-Ux. Nous allons continuer à développer ces plates-formes, ainsi que des technologies comme NonStop et OpenVMS, » a-t-elle ajouté. « Mais, malgré la demande incessante de capacités pour réaliser des tâches critiques sur plates-formes Unix, l'autre message des clients est de pouvoir disposer d'outils plus efficaces sans affecter leurs budgets informatiques, d'où une pression continue de faire plus avec moins, » a-t-elle expliqué.
Affaire Itanium : HP cherche le soutien de l'UE
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HP demande aux régulateurs européens d'enquêter sur la décision d'Oracle de mettre fin au support pour Itanium.

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