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Infrastructure serveur
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(29/12/2004 17:18:32)
Bilan 2004 : Annus horribilis pour Intel
Intel, numéro un longtemps incontesté du microprocesseur, qui a toujours confirmé son avance tant sur les plates-formes grand public que sur les systèmes d'entreprise, finit l'exercice 2004 avec une feuille de route technologique exsangue tant côté grande consommation que serveurs. Surtout, l'année aura été marquée par de nombreux revirements :
- abandon de la classification – et de la course - "à la cadence" de ses processeurs… en réponse à AMD
- lancement – non prévu initialement - d'un Xeon 64 bit pour serveurs d'entrée de gamme… en réponse à AMD
Sans oublier les difficultés persistantes à imposer la v2 de son Itanium. (...)
Pionnier des serveurs lames, RLX jette l'éponge et se fait éditeur de logiciels
Confronté à la concurrence des géants du secteur comme IBM, Dell, Hewlett-Packard et Sun, le pionnier des serveurs lames, RLX Technologies, a décidé d'abandonner sa gamme de serveurs pour se concentrer sur son offre de logiciels d'administration de serveurs lames, Control Tower. RLX devrait enrichir Control Tower dans les mois à venir pour lui permettre de supporter les serveurs de ses concurrents.
Le changement de cap de la société a pris tout le monde par surprise. Pas plus tard que le mois dernier, RLX avait enrichi sa gamme de serveurs avec un modèle biprocesseur, le SB-6400, basé sur le processeur Xeon d'Intel. (...)
IBM développe un serveur 32 voies à base de Xeon 64 bit
IBM prévoit de livrer un nouveau serveur 32 voies à base de processeurs 64 bit Xeon au cours du premier semestre 2005. Il devrait aussi ajouter à son catalogue une lame serveur Opteron pour son châssis BladeCenter.
Le nouveau serveur d'entreprise prévu par Big Blue devrait succéder à l'actuel eServer xSeries 445 et sera la troisième génération de serveurs utilisant l'architecture X conçue par le constructeur. Il s'appuiera sur la prochaine version multiprocesseur du Xeon connue sous le nom de code Potomac (l'actuel Xeon 64 bit ne fonctionne qu'en mode biprocesseur, NDLR).
La sortie du serveur devrait se faire aux environs du lancement des versions 64 bit de Windows.
Pour Susan Whitney, la directrice des produits xSeries d'IBM, la sortie de grands serveurs Xeon était jusqu'alors problématique du fait de l'absence de versions 64 bit de la puce. "Notre technologie pouvait supporter 32 voies, mais avec des processeurs 32 bit, la demande des clients était faible. Avec l'arrivée du 64 bit, la demande est là et nous avons des clients qui attendent ce genre de machines". L'un des intérêts des clients pour une telle machine est le support de large déploiements d'applications PGI sur des serveurs Windows explique Whitney. De tels serveurs pourrait aussi s'avérer de redoutables concurrents pour les serveurs SMP à base d'Itanium 2, un casse-tête supplémentaire pour Intel et HP.
Parallèlement à l'adoption du Xeon 64 bit d'Intel sur ses machines haut de gamme, IBM pourrait aussi livrer prochainement une lame serveur à base d'Opteron, le processeur 64 bit d'AMD. Le fondeur disposerait en effet d'une avance d'environ 6 mois sur Intel pour le lancement de puces bicoeur. Pour Whitney, "il y a clairement des clients qui demandent des lames AMD. AMD dispose de sa propre raodmap produit pour le bicoeur et cela pourrait être l'opportunité pour nous de lancer un nouveau produit sur le marché. Les premières puces bicoeur d'AMD sont attendues vers la rentrée 2005.
Certains concurrents comme HP ou Sun n'attendront toutefois pas ces puces bicoeurs pour lancer leur propres lames Opteron. HP prévoit des lames Opteron pour le premier trimestre de même que Sun, des équipements qui pourraient mettre la pression sur IBM pour adapter son offre, explique Nathan Brookwood, un analyste d'Insight64. Selon Brookwood, l'Opteron a d'emblée été conçu pour avoir des capacités bicoeur et a de sérieuses chances d'offrir des performances bien supérieures aux alternatives d'Intel. (...)
Sanctions européennes confirmées : Microsoft doit purger Windows
Microsoft n'a désormais plus le choix et devra rapidement mettre à disposition des utilisateurs européens une version allégée de Windows, et celle de ses "concurrents" des API permettant une meilleure intéropérabilité avec l'OS. La Cour européenne de Justice, située à Luxembourg, à trancher en faveur de la décision de la Commission, confirmant en première instance les sanctions prononcées en mars 2004 par l'institution européenne. Côté sanctions financières, l'éditeur s'est d'ores et déjà acquitté des 497,2 M¤ d'amende. Mais ce n'est pas le plus important pour l'éditeur. S'il lui laisse une chance de poursuivre une procédure au long cours, l'appel probable de Microsoft ne sera pas suspensif. L'éditeur est donc contraint d'appliquer au plus vite les mesures dites "correctives" favorisant le développement de la concurrence définie par la Commission européenne.
Alors qu'il avait semblé ouvert aux arguments de l'éditeur, Bo Vesterdorf, président du tribunal de première instance de la Cour européenne, a finalement conclu que "les éléments de preuve avancés par Microsoft ne suffisent pas à démontrer que l'exécution des mesures correctives imposées par la Commission risque de lui causer un préjudice grave et irréparable". Même s'il peut toujours espérer une décision favorable sur le fond - ce qui prendra plusieurs années - l'éditeur de Windows a échoué dans sa quête d'une solution négociée, à l'instar de celle adoptée aux Etats-Unis.
Réagissant au verdict de la Cour européenne de Justice, ses représentants - étonnamment bons princes - affirment vouloir se conformer à la décision et annoncent qu'une "nouvelle version de Windows sans Windows Media Player sera disponible dès janvier".
Sur le marché des serveurs d'entreprises, la mise en conformité risque d'être un peu plus longue, tant Microsoft rechigne à s'ouvrir à l'interopérabilité.
Ce sera donc au mandataire désigné par la Commission sur proposition de l'éditeur de veiller à l'efficacité et à la célérité des actions de l'éditeur.
Reste que - comme l'explique Philip Carnelley, directeur de recherche pour le compte du cabinet d'études Ovum EuroView - l'on ne sait toujours pas où commence et où finit un système d'exploitation. Si l'approche européenne fait tâche d'huile, l'élargissement de Windows deviendra problématique. Et les fonctionnalités d'antivirus ou d'antispyware - au menu des futures versions de Windows - ne pourront plus être intégrées de manière inaliénable à l'OS. (...)
Merril Lynch invite Sun à racheter Novell ou Red Hat
Selon Steven Milunovich, un analyste de Merril Lynch qui s'était déjà fait remarqué par son conseil à Sun de débarquer Scott McNealy, Sun doit abandonner son attitude actuelle de défiance vis-à-vis de Linux pour adopter franchement l'OS libre.
Selon lui "les clients actuels de Sun sont partagés entre l'adoption de Linux et celle de la dernière mouture de Solaris, tandis que les nouveaux clients ne sont guère intéressés par Solaris". Pour Milunovitch, un rachat de Red Hat ou Novell serait un tournant marquant qui permettrait à Sun de transformer une faiblesse en force.
L'analyse de Milunovich a certainement du sens sur le papier, mais elle est peu réaliste. Pour mettre la main sur Novell, Sun devrait sans doute passer par un affrontement avec HP et IBM, un affrontement dont il n'est pas sûr de sortir gagnant. Un rachat de Red Hat supposerait auparavant la pacification des relations entre les deux sociétés, ce qui est loin d'être acquis. Il n'est pas dit enfin que Sun ait intérêt à abandonner ses technologies novatrices pour se fondre dans le moule général et devenir un nouveau Dell. Un jeu auquel le constructeur texan est difficilement prenable. (...)
HP va transférer ses équipes de développement Itanium chez Intel
Intel va intégrer près de 300 développeurs et concepteurs de puces issus des laboratoires de design de HP dans ses équipes de développement Itanium.
Le géant des processeurs devrait ainsi récupérer l'intégralité de l'équipe de design des processeurs de HP, basée à Fort Collins dans le Colorado, et initiateur de la puce (HP et Intel ont co-développé le processeur Itanium, NDLR).
En abandonnant tout rôle dans la conception de processeurs, HP tire un trait sur l'un de ses savoir-faire historiques, qui avait notamment donné naissance à la famille de puces PA-Risc, puis à la technologie Epic, fondement de l'Itanium. La firme dirigée par Carlton Fiorina entend se concentrer sur le développement de ses propres chipsets mais aussi sur le design de ses grands serveurs Itanium.
Les performances initiales décevantes de la puce et les multiples revirements d'Intel sur Itanium ont récemment mis la pression sur les relations entre Intel et HP. Le nouveau positionnement par Intel de l'Itanium en haut de gamme, alors que le fondeur a longtemps prêché pour la généralisation de l'Itanium aux serveurs d'entrée de gamme n'a, par exemple, pas facilité la tâche d'HP qui avait lourdement investi dans l'entrée-milieu de gamme 64 bit.
Preuve des tensions entre les deux partenaires, les divisions PC et serveurs d'HP sont aujourd'hui parmi les principaux promoteurs des puces 64 bit Opteron et Athlon 64 d'AMD, même si HP a basé toute sa stratégie grands serveurs d'entreprise (Integrity) sur l'Itanium. HP a d'ailleurs eu la prudence hier de rappeler que son désengagement de la conception du processeur ne signifie pas une inflexion de sa stratégie en matière de développement de grands serveurs. La firme devrait ainsi investir 1 Md$ par an pendant trois ans sur le développement de sa gamme Integrity, soit plus qu'aujourd'hui. Il est vrai qu'HP n'a guère d'autre choix. Toute sa stratégie en matière de grands serveurs d'entreprise repose désormais sur l'Itanium. (...)
Microsoft veut pousser les utilisateurs d'iSeries à migrer vers le couple .Net/Ws 2003
Le n°1 du logiciel Microsoft envisagerait de s'allier à quelques constructeurs et intégrateurs autour d'un projet baptisé MAP (Midrange Alliance Program). Objectif de cette alliance qui compte notamment parmi ses membres Fujitsu, EDS, Asna, HCL, Geniant, Born et Covansys : imposer la plate-forme Windows Server 2003/.Net sur le marché des serveurs milieu de gamme, et surtout chez les utilisateurs des serveurs iSeries d'IBM, à base d'AS/400, OS/400, et WebSphere.
L'éditeur de Redmond met ainsi en avant l'absence d'évolution d'OS/400 (OS intégré à l'AS/400), « les développeurs ayant stopper leurs travaux ». Pour lui, il s'agit d'offrir aux utilisateurs AS/400, « un moyen de moderniser leur système ». Et de leur proposer de porter leurs applications tournant sur AS/400-OS/400, sur un environnement WS Server 2003/.Net, « sans avoir à redévelopper les applications ».
MAP devrait dans un premier temps publier un liste de livres blancs, d'études de cas depuis le site de Microsoft.
IBM, de son côté, rétorque que ses iSeries font encore des émules, notamment « pour leur fiabilité et leur sécurité ». Le constructeur vient par ailleurs de créer une co-entreprise avec le Chinois China Great Wall Computer, pour la fabrication des serveurs sur l'Asie. (...)
IBM et AMD travaillent à l'amélioration des performances des transistors
IBM et Advanced Micro Devices (AMD) ont co-développé une nouvelle méthode pour mettre en oeuvre la technologie "strained silicon". La technique, baptisée "Dual Stress Liner" (DSL), devrait permettre aux deux sociétés de doper les performances de leurs puces dès le premier semestre 2005.
Alors qu'il devient de plus en plus difficile d'accroître la performance de leurs puces par simple réduction de la taille des transistors, les fondeurs mettent en ½uvre des techniques alternatives. La technologie "strained silicon" consiste à étirer ou à compresser les atomes de silicium afin d'améliorer la circulation des électrons. Schématiquement, les transistors P (positif) fonctionnent mieux lorsqu'ils sont compressés, tandis que les transistors N (négatif) donnent leur meilleur lorsqu'ils sont étirés. Toute l'astuce de la technologie DSL d'IBM et d'AMD est de s'assurer que la "compression" des atomes de silicium ne s'effectue qu'aux emplacements des transistors P et que l'étirement n'affecte que les transistors N…
La technique devrait être utilisée dès le premier semestre par AMD pour produire des Opteron et des Athlon 64 plus performants (environ 25%) sans augmentation de consommation électrique. IBM prévoit aussi de l'appliquer au premier semestre a sa gamme de processeurs Power dont les puces PowerPC 970 (G5 chez Apple). (...)
HP veut garder son unité et développe en France sa stratégie « Adaptive Enterprise »
Dans un entretien avec des analystes, Carly Fiorina a indiqué que le conseil d'administration de Hewlett-Packard s'était par trois fois penché sur la question d'une éventuelle division en entités indépendantes et avait, à chaque fois, voté contre à l'unanimité.
Dans un commentaire du rachat de l'activité PC d'IBM par Lenovo, Douglas Hayward, analyste chez Ovum, se montre dubitatif face à cette stratégie. Selon lui, « sur le marché actuel, il faut ou bien être un Accenture, ou bien être un Dell. Il est de plus en plus difficile de justifier d'être les deux ».
Cependant, HP poursuit sa stratégie mélant services et produits. En Ile-de-France, le constructeur vient d'annoncer l'ouverture d'un centre de calcul dans le cadre de stratégie « Adaptive Enterprise ». Baptisé HPC1, ce centre est mis à la disposition des entreprises désirant acheter ponctuellement de la puissance de calcul. Animé par 53 serveurs DL585 équipés de quatre processeurs Opteron d'AMD chacun et jusqu'à 64 Go de mémoire vive, ce centre de calcul affiche une puissance de 1 Teraflops. (...)
AMD réduit la consommation de ses Opteron 90 nm
AMD affirme être parvenu à réduire de 25 % la dissipation thermique de ses processeurs Opteron à l'occasion du passage à une gravure en 90 nm. Ainsi, l'Opteron 90 nm du fondeur devrait dissiper un maximum de 67 Watts contre 89 Watts pour l'Opteron 130 nm.
Un véritable pied de nez à Intel dont les Pentium 4 à 90 nm ont une dissipation thermique supérieure à celle de leurs prédécesseurs gravés en 130 nm.
AMD attribue sa performance à la technologie SOI, Silicon On Insulator, qui permet de limiter les fuites de courant.
Courant 2005, le fondeur prévoit d'aller plus loin en intégrant à ses Opteron une technologie de régulation de la consommation électrique en fonction de la puissance de calcul requise. (...)
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